Yegg. Autoportrait d'un honorable hors-la-loi

Note de l'éditeur

Le texte a paru tout d'abord en feuilleton sous le titre de Breaking the Shackles. Jack Black y narre son existence avec une ironie caustique mais sans jamais se départir de générosité et de compassion pour les exclus du système. You Can't Win s'inscrit dans la tradition du récit d'aventures de l'Ouest américain et de ces personnages qui ne tiennent pas en place, se jouent des frontières entre les États et pour qui aucune ville n'est trop éloignée. Nous le suivons à travers les États-Unis dans les trains de marchandises, dans les pensions, les fumeries d'opium, les tribunaux, les geôles de campagne et les pénitenciers. Il nous fait rencontrer un peuple d'Américains dont les livres d'histoire ne disent rien, un peuple volontairement souterrain, avec ses codes, ses règles et ses héros. Devenu un livre culte aux États-Unis, ayant servi de matrice au Junky de William Burroughs et annonçant Sur la route de Kerouac, You Can't Win demeure une leçon de vie et un plaidoyer pour une existence affranchie de toute convention.


L'auteur

La vie de Jack Black tient presque entièrement dans le texte autobiographique que nous vous présentons aujourd'hui. Sa mère étant décédée alors qu'il était enfant, livré à lui-même par son père, Jack Black dut très tôt assurer sa subsistance. Appelé par l'aventure, et au fil de ses rencontres sur la route, il comprit rapidement les possibilités de gagner sa vie de manière illégale, dans cet Ouest américain de la fin du XIXe siècle. De petites arnaques en voyages incessants, il devint cambrioleur de profession : régulièrement arrêté, régulièrement évadé. Sa carrière criminelle connut un tournant en 1906 à la suite de sa condamnation à 25 années de pénitencier. Il y poursuivit ses activités de trafiquant d'opium, ce qui le poussa à s'évader afin d'assouvir son addiction à la morphine. Sa rencontre avec Fremont Older, journaliste progressiste pour qui la presse devait prendre le parti des faibles contre l'injustice, les privilèges et la corruption, marqua le début de sa rédemption et de sa vocation d'écrivain. Sa réputation d'ex-taulard et ses relations avec le monde du crime lui servirent dans sa tâche de garde du corps de Older puis de journaliste criminel. Après la publication de You Can't Win en 1926, Black écrivit une pièce de théâtre qui fut montée à Los Angeles puis fut employé par la MGM pour le scénario d'un drame criminel. Il se consacra également à promouvoir une réforme du système pénitentiaire, luttant contre la peine capitale et les traitements inhumains, en privilégiant la prévention. Il disparut en 1932, probablement noyé dans le port de New York, en laissant derrière lui, outre You Can't Win, quelques articles et une montre retrouvée chez un prêteur sur gages…


Un extrait se trouve en bas de page du lien donner ici.

 


Yegg. Autoportrait d'un honorable hors-la-loi, Jack Black, traduit de l'anglais (États-Unis) par Jeanne Toulouse, collection Ultramarine. 416 pages, 20,5 x 13,5 cm, décembre 2007,  22 euros.