Quelque part

Publié le par Antoine




Quelque part,
dans la forêt
de nos vies,
il y a un chalet
de bois vieux.

Le sentier qui
y mène
est connu
de tous.

Mais,
aucun
ne s’aventure
jusqu’à son seuil.

Généralement,
le promeneur
s’arrête au sommet
du coteau ouest.

Il voit les sapins
en rangs serrés
le défier.

Ils sont si sombres
qu’il arrive
de les confondre
avec la nuit.

En bas,
à l’orée
de la forêt,
on dirait que
le temps
s’est bâti
une demeure
il y a trois
ou quatre
cent ans.

Le jardin
est terne
et le potager
usé.

La cour
poussiéreuse
comme
une place
de lynchages.

Les bardeaux
rapés
jusqu’à
la corde
ressemblent
à une vielle
route
oubliée.

Les rondins
massifs et
imprescriptibles
sont couverts
de mousses
et de lichens.

Vu d’ici,
ils feraient
frémir
n’importe quel
mur
de fortification.

Les vitres
des fenêtres
sont propres.

Cour, jardin
et potager
misérables
demeurent
entretenus.

Et même
si tout
est vieux
et sent
le renfermé
jusqu’à
la crête
de la colline,
on sait que
le lieu
est habité.

Sans herbes folles
ni plantes vivaces,
sans poules ni chiens,
sans le chant des oiseaux
ni le bruit de l’eau qui court,
sans chat ni bétail
sans chariot ni voiture…

Cela semble
lisse,
à la lisière
du bois noir.

Pourtant,
à l’intérieur
tout s’arrache
dans les cris.

Les pleurs
sont une
seconde
respiration.

L’asphyxie
est quotidienne.

Aucune douleur
n’acceptant
de se laisser
avaler
facilement.


La Tour d'Aigues, septembre 2009


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