Braises

Publié le par Antoine



Feu de bois,
carrelage froid.
Dehors,
l’hiver
se fait tout
doux.
Mais,
sa fraîcheur,
imprègne
tout de même
la pierre,
lézardant
les isolations
sommaires.
La nuit
noire,
elle aussi
nous enveloppe
d’une soie
fine,
sèche
et agréable
comme
un printemps
tranquille
au cœur
de l’ennui.

Dans mon dos,
l’âtre
réchauffe,
de ses sobres
paillettes
de braises,
l’atmosphère
de ce bar
de mon adolescence…

Un regard
dans le vide,
perdu
dans la
curiosité
de l’instant,
laisse
une paire
de semelles
en équilibre
sur la sous-barre
horizontale
d’un haut tabouret
accolé
à un
comptoir
marqueté.

Petite
laine
en croise
cœur,
somnole
presque
sur le zinc.

Après
un chaud
dé à coudre
de café,
je me laisse
emporter,
par l’illusion
et
l’attachement
aux instants
languissants
bercés par
une réalité
qui semble
ne pas avoir
lieu d’être.

Les chenets
fait de fers
à cheval,
inversés,
malgré
un mécontentement
ironique
et utile,
me font sourire.

Mains serrées
coincées,
écrasées
à la commissure
des genoux
ne demandent
au reste
du corps
qu’à danser,
comme le
pied gauche
dans le vide
qui bat
inconsciemment
la mesure.

Dans l’immobilité
de la position
assise,
épousant
le cannage
en plastique
du siège,
le corps
se façonne
dans l’intimité
de soi
et la timidité
de l’autre.

Le quotidien
transpire
de son impassibilité,
comme quelque
chose d’immuable,
d’inaltérable.
Presque
la beauté
de la routine
en une
œuvre d’art
insaisissable.

Insaisissable,
comme
le sourire,
à peine montré,
que l’on
regarde
sans se
départir
du plaisir
friable
du temps
qui
lentement,
mais
immanquablement
passe
nous drainant
dans son
sillage
merveilleux.

Il ne faut,
juste pas,
être
sous
l’emprise
méprisable
de cette
doucereuse
amante
appelée
solitude.

La voilà
montrée
du cœur
cette
illusoire
amante
invisible
et
tenace.

De ce soir,
près de
la cheminée,
accoudé
à la
rondeur
d’une
table,
sont installées,
près de
moi
quatre
chaises,
vides,
qui
se languissent
d’une compagnie
qui ne viendra pas.




Pertuis, bar le Hibou, 13 février 2006

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