Que dire d'une fille de vingt-cinq ans quand elle est morte? Qu'elle était belle. Et terriblement intelligente. Qu'elle aimait Mozart et Bach. Et les
Beatles. Et moi. Un jour qu'elle me mettait carrément dans le même sac que tous ces gars et leur musique, je lui demandai dans quel ordre elle nous classait. Elle sourit et dit:
"Alphabétique".
Je suis venu vous voir avant de partir Y'avait personne, ça vaut mieux comme ça Je savais pas trop quoi vous dire, Croyez pas que j'vous abandonne même si encore une fois, Je vous laisse le pire Les larmes qu'on verse sur la mort d'un homme Adieu mes amis J'me serez bien battu encore Adieu mes amours Priez pour moi
Toi que j'aime, que j'ai connu Compagnon d'un jour ou d'une année Déjà tu sais que dans mon coeur même, moisi flottent encore violence et tendresse Mon existence ne tient pas qu'à ma graisse Je suis esprit avant d'être un corps Je suis mort, mais rien n'est fini Il reste ma voix, et bien peu d'écrits J'avais surtout une grande gueule pour chanter des chansons d'amour, pour Paris ! Sur la p'tite scène du Tourtour...
Mes amis ne pleurez pas Le combat continue sans moi Tant que quelqu'un écoutera ma voix je serai vivant dans votre monde à la con !
Avec du sang plein les orbites Et même du plastique sur la bite Je vais sûrement être recalé à l'examen du grand sage Mais j'en profiterai quant même pour lui dire ce que j'en pense De l'existence, cette engeance Et s'il ne voit pas que je suis un ange, alors qu'il change de boulot ! Et s'il veut moi j'prend sa place... Y'aura des filles, et de la Ganja Des passions sans limites Nous batterons des ailes, et nous volerons bourrés Nous mangerons des pommes envenimées Et nous cracherons le mal comme un pépin Nous serons sincère comme jamais, et nous serons beaux pour ça !
Je suis venu vous voir avant de partir Y'avait personne, ça vaut mieux comme ça Je savais pas trop quoi vous dire Croyez pas que j'vous abandonne, même si encore une fois,
je vous laisse le pire je vous laisse le pire
Les larmes qu'on verse sur la mort d'un homme Adieu mes amis, priez pour moi.
Mano Solo, extrait de l'album Je sais pas trop (1997)
Il fallait faire la différence entre le ciment et la sciure. Ce n'était pas chose aisée. Du moins pour moi, qui avait le double complexe du poisson pané
et de la brique de rouge. Autant dire que j'étais d'emblée réfractaire...
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